Mission laïque française

Dictée annuelle de la Francophonie à Muanda

La dictée annuelle, organisée dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la Francophonie, le 20 mars, consiste à tester le niveau de maîtrise de la langue française. Le texte d'auteur de la dictée francophone 2018 au Bénin est de Daté Atavito Barnabé-Atayi, écrivain béninois et lauréat du prix du Président de la République 2017.

Dans le cadre de la semaine de la Francophonie, le Centre Culturel de Muanda organise chaque année un concours de dictée très prisé. Pour cette 6 ème édition, 9 dictées, du niveau CM1 au niveau Senior, ont rassemblé environ 600 participants. Les élèves de l’école d’entreprise Perenco ont brillé à l’occasion de cet événement.
Dans la catégorie CM1, les 7 élèves de l’école se sont classés dans les 10 premiers, montant sur les 3 premières places du podium. De même, dans la catégorie CM2, 4 sur les 7 élèves de l’école se sont classés dans les 10 premiers, en remportant notamment les 2 premières places. Tout cela pour la plus grande joie de leurs familles et de leurs enseignants.

Félicitation à tous !

Découvrez le texte intégral de la dictée
La nuit venue, les agglomérations saisies, l’assemblée regroupée, le griot, pris des esprits tutélaires, prit la parole avec son bagou légendaire. Les trente minutes, après les avoir épuisées, les enfants les plus distraits considérèrent ses propos comme une jactance : ils le trouvèrent volubile. Une fillette se mit même à susurrer quelques mots difficiles à ouïr. Mais lui, comme un sorcier, la surprit : « Ohé ! toi là-bas, que placotes-tu sur mon compte ? ». Or les plus attentifs le suivirent. Ils pensaient que le griot mettait un accent particulier sur quelques phases de son récit. Par exemple, quand il faisait des pauses pour scander un rondeau, vociférer un pamphlet ou imiter un impertinent, il raclait la gorge et laissait entendre une voix truculente. — L’année passée, imita le griot, notre professeur de français cynophile ressemblait à une griotte. Ses cours étaient des aboiements qui déménageaient nos cerveaux loin de l’anthropophagie, de l’achluophobie et nous extirpaient de la naupathie. Ses cours étaient d’une telle esthétique et d’une telle poéticité qu’on avait du mal à parler de logorrhée ou xénophobie pour les caractériser. Et, à la voir là, à la fois, athrepsique et pycnique, nous ne pensions pas qu’elle fût volubile, qu’elle restât plus debout qu’assise, qu’elle changeât parfois sa voix truculente et se métamorphosât en une lionne à la voix rauque ou qu’elle susurrât des mots avec un accent belge comme Lilyan Kesteloot qui ne placota rien de psychotique sur le compte des écrivains nègres. Et le griot reprit son accent initial de conteur, avala un coing, offrit un crachat peccamineux loin, au sol – qui atterrit malencontreusement sur ses pieds –, secoua la tête comme s’il souffrait d’une céphalalgie aiguë ou qu’il voulait voiler une paraphrénie. Il devint moins volubile comme pris d’une trachéotomie. L’assemblée, suspendue à ses lèvres ainsi qu’un phytoplancton, voulut qu’on lui tendît la gourde sacrée et zymogène pour qu’il la bût, se sentît mieux et reprît ses esprits. Mais on ne l’eut pas plus tôt suggéré que sa voix lézarda les voies du ciel comme un tonnerre, reprit de plus belle, s’excusa et clama le panégyrique du roi Béhanzin.

 

Contribution de Elisabeth Lapouble, directrice de l’école française Perenco, Muanda