Mission laïque française

Assemblée générale de la Mission laïque française

Les instances de la Mission laïque française et de l’Office scolaire universitaire (OSUI) se sont réunies le jeudi 21 janvier . Le président a présenté son rapport moral annuel et le directeur général est revenu sur les activités de l’association lors de l'année écoulée et les perspectives dans le réseau pour l'année 2021

Une tenue exceptionnelle des Instances pour commencer l’année 2021

Ag digitale Mlf

À situation exceptionnelle, assemblée générale exceptionnelle.
La première assemblée générale de l’année 2021 Mlf-OSUI était 100 % digitale en raison de la crise sanitaire.

À distance, mais connectés, les membres de l’association se sont réunis autour du président. Le directeur général, Jean-Paul Rebaud, a présenté le bilan de la rentrée et les perspectives pour l’année en cours.

La trésorière générale, Sylvie Esparre, a présenté le bilan financier de l’année écoulée et le budget de l’année 2020-2021 qui ont été approuvés.

Le président, François Perret a par ailleurs présenté ses vœux de bonne et heureuse année pour 2021 aux administrateurs et membres de l’assemblée générale de la Mission laïque française au nom des membres du bureau et en son nom propre avant d’exposer son rapport moral depuis la rentrée de septembre 2020

Rapport moral du président de la Mlf pour la rentrée 2020-2021

Rapport moral François Perret janvier 2021 Mlf

Je présente ce rapport dans les conditions très particulières de cette visioconférence auxquelles nous oblige la crise sanitaire planétaire subie par nous tous depuis bientôt presque un an.

La réunion à distance de nos instances en visioconférence, une première dans l’histoire séculaire de la Mlf, alors que celle de juin dernier reportée en septembre avait pu se tenir en format « hybride » et encore largement « présentiel », montre à quel point la pandémie est toujours là, et combien ses vagues successives ne nous laissent pour l’instant aucun répit en France comme dans tous les pays où nous sommes implantés. Partout, sur tous les continents, nos établissements se voient imposer des mesures strictes, perturbantes et évolutives de confinement, de couvre-feu, de dédoublement de classes, tout cela entraînant fatigue, stress et dépenses supplémentaires.

A l’issue de notre dernière assemblée générale du 24 septembre, nous nous étions quittés sur un sentiment préoccupant d’incertitude, voire de confusion. A cette date, des établissements n’avaient pas encore effectué leur rentrée, d’autres avaient ouvert, puis refermé leurs portes, des contraintes lourdes pesaient sur presque tous, les effectifs n’étaient pas stabilisés.

De ce fait, nous n’avions pas été à même de vous présenter de projection budgétaire pour l’année scolaire 2020-2021. Aujourd’hui, il serait illusoire de penser que toutes les incertitudes ont été levées et le budget qui vous sera soumis peut être amené à évoluer davantage que les années précédentes en fonction des événements. Mais nous y voyons plus clair à la fois pour les aspects positifs et les aspects négatifs.

aide de l'atat réseau Mlf

Au titre du positif, je veux d’abord dire aux représentants de l’Etat ici présents la reconnaissance de notre association pour l’aide que le gouvernement lui a apportée, au bénéfice des établissements et des familles les plus en difficulté.

Je souhaite aussi remercier les parlementaires qui nous ont soutenu dans ce dialogue avec l’Etat et se sont faits l’écho des besoins de la Mlf. A ce jour, nous avons reçu pour l’ensemble de nos établissements en pleine responsabilité 7,380M€ ; au sein de cette enveloppe, ce sont 4,8M€ qui sont allés à nos établissements du Liban, dont 454000€ pour les familles non françaises et 832000€ pour l’aide à la reconstruction après l’explosion du 4 août.

Le levier principal utilisé par l’AEFE pour mettre en œuvre cette aide a été, comme nous vous l’annoncions en septembre, l’annulation de la participation à la rémunération des résidents pour les établissements conventionnés du Liban et d’Ethiopie au titre de l’année 2020. Il reste encore quelques aides qui concernent le surcoût de fonctionnement lié au Covid qui n’ont pas encore été notifiées aux établissements.

Nous étions nombreux à penser que la poursuite de la pandémie pourrait entraîner une diminution très importante, voire parfois un effondrement, des effectifs d’élèves à la rentrée de septembre 2020, dans la mesure où les effets financiers dévastateurs de cette crise se feraient surtout sentir sur les économies des pays, des familles et donc de nos établissements bien après l’apparition du virus au second semestre de l’année scolaire précédente.

situation financière Mlf

Or, les chiffres consolidés, qui seront ensuite commentés par le directeur général, montrent aujourd’hui une diminution moyenne de seulement  3,5%, comprise entre -3 % pour nos 32 EPR et -4,6 % pour les écoles partenaires. Cette diminution moyenne correspond à celle constatée pour l’ensemble du réseau de l’enseignement français à l’étranger. La satisfaction majoritairement manifestée par les familles pour l’offre d’enseignement assurée par nos établissements et le gel des droits de scolarité expliquent sans doute cette relative stabilité.

Ces mêmes raisons expliquent peut-être aussi le bon taux du premier recouvrement des droits de scolarité, presque à 100% en Espagne, au Maroc et dans les pays du Golfe, et même compris entre 60 et 80% au Liban. La forte inquiétude qui pouvait être la nôtre sur ce point n’est donc pas, à ce stade, fondée, mais il n’est pas certain que le pire soit déjà derrière nous. Le taux de recouvrement des factures du second trimestre sera, sur ce point, un indicateur important.

taux de recouvrement Mlf

Ce bon taux de recouvrement ne permet pas néanmoins de compenser le gel des droits de scolarité, les dépenses en personnels et en équipements supplémentaires induites par la crise sanitaire et d’autres déficits structurels pour certains établissements.

Le déficit d’exploitation de 3,5 millions d’euros pour la Mlf et l’OSUI réunis déjà constaté pour l’exercice 2019-2020, dont le compte de résultat est également soumis à votre approbation, augmenterait ainsi exponentiellement en 2020-2021 pour s’établir à plus de 7 millions d’euros.

Cependant, malgré cette situation financière dégradée, et même si de grandes difficultés de fonctionnement demeurent, on a maintenant le sentiment, en ce début d’année 2021, et après le premier trimestre de l’année scolaire 2020-2021, que le réseau de nos EPR, des écoles partenaires et des écoles d’entreprise s’est globalement installé dans un modus vivendi résilient auquel se sont finalement habitués les élèves, les personnels et les familles.

Cependant, malgré cette situation financière dégradée, et même si de grandes difficultés de fonctionnement demeurent, on a maintenant le sentiment, en ce début d’année 2021, et après le premier trimestre de l’année scolaire 2020-2021, que le réseau de nos EPR, des écoles partenaires et des écoles d’entreprise s’est globalement installé dans un modus vivendi résilient auquel se sont finalement habitués les élèves, les personnels et les familles.

situation financière des familles du réseau mlfmonde

Les familles confrontées à des contextes économiques difficiles ont néanmoins trouvé les moyens d’assurer leurs engagements financiers vis-à-vis des établissements jusqu’à la fin de la présente année scolaire.

La sidération et l’impréparation des premiers mois ont été remplacées par une forme de résignation aux inconvénients imposés par les mesures sanitaires et d’acceptation de nouvelles formes d’enseignement mêlant la présence et la distance. Dans la plupart des pays, un enseignement hybride aux modalités variables est devenu la norme.

Le constat positif le plus sûr est donc bien que la continuité pédagogique est assurée partout, et est globalement acceptée et appréciée par les parents et les élèves. On doit d’abord ce satisfecit, malgré une vraie fatigue ressentie dans tous les établissements, à la mobilisation des personnels enseignants, administratifs et de service, et à des équipes de direction combatives. Je salue, en votre nom, cette mobilisation générale et j’en remercie tous les personnels.

Dans un contexte aussi difficile à bien des égards, ils donnent une image extrêmement positive de notre association. Cette satisfaction, relative bien sûr, on la doit aussi au développement des différents outils numériques mis à la disposition des enseignants, dont beaucoup soulignent l’originalité innovante et l’utilité concrète (2320 inscrits volontaires sur la plateforme LMS permettant d’accéder au Forum pédagogique, aux parcours de formations en ligne et aux communautés d’apprentissage pour un public total de 4000 enseignants environ). Je remercie les personnels des différents services du siège de la Mlf pour l’excellent travail réalisé.

Plus encore qu’avant la crise sanitaire, la formation des personnels est, avec la question de l’homologation, au centre des discussions que nous menons avec les deux ministères de l’Education nationale et des Affaires étrangères et avec l’AEFE sur l’espace occupé par la Mlf au sein de l’enseignement français à l’étranger.

développement professionnel réseau Mlf

Le dispositif numérique de formation initiale et continue que nous avons mis en place avec plusieurs partenaires (universités françaises et étrangères, rectorats d’académie, instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation, experts et chercheurs en sciences de l’éducation) forme un ensemble cohérent qui doit nous permettre d’augmenter et de professionnaliser davantage les corps enseignants de nos établissements.

Parallèlement à ce centre de formation à distance, pertinemment appelé CIEL (centre international d’enseignement en ligne), nous avons ouvert en septembre dernier les deux CDP (centre de développement professionnel) de Rabat et d’Abidjan qui, outre leur mission première de formation de nos personnels, ont pour vocation, grâce à la subvention de Proparco, de s’ouvrir à l’enseignement privé au Maroc et en Côte d’Ivoire.

Avec l’AEFE, nous avons engagé un dialogue ouvert et transparent, dont je me félicite, pour le renouvellement du protocole d’entente qui nous lie jusqu’à l’été prochain et qui sera remplacé par un accord-cadre qui devra être respectueux des missions et des prérogatives de chacun. Basées sur le principe bien compris de la complémentarité, nous souhaitons que les relations avec l’opérateur public, chargé, de son côté, de créer les IRF (instituts régionaux de formation), prennent en compte la mission d’utilité publique qui est la nôtre dans ce domaine de la formation.

Avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, nous souhaitons également engager la négociation d’une nouvelle convention car celle qui avait été signée en 2015 par mon prédécesseur est maintenant caduque. Là encore, nous souhaitons que soit reconnu et confirmé notre rôle de premier partenaire de l’Etat au sein de l’enseignement français à l’étranger, comme c’est le cas quand à la demande de l’Etat nous gérons une école au Kurdistan d‘Irak ou dans les Territoires palestiniens, et que, à ce titre, nous ne soyons pas traités au même niveau que les autres nouveaux acteurs privés de l’EFE, français et étrangers.

Avec le ministère de l’Education nationale, avec lequel la convention également signée en 2015 est toujours valable, nous souhaitons être un partenaire actif de la nouvelle politique de formation et de mobilité qui sortira des discussions du « Grenelle de l’Education », grand débat auquel nous avons d’ailleurs déjà participé à plusieurs reprises.

Quant au dispositif de l’homologation, il nous faut rester attentifs sur les critères d’excellence et de respect des « standards » français qui ne doivent pas être bradés au profit d’une seule logique du chiffre. Et ce d’autant moins que la crise actuelle fragilise dans de nombreux pays des établissements qui n’ont pas à subir en plus les effets pervers d’une concurrence déloyale.

Le réseau MlfLiban

Mlf Liban

Au Liban, à nouveau entièrement confiné jusqu’au 1er février au moins, et comme nous l’avions malheureusement prévu, la crise sanitaire n’a fait qu’exacerber la crise politique, sociale et financière que connaît le pays depuis de longs mois.

Le Liban est donc bien un « risque majeur » pour la Mlf. Avec une perte de plus de 500 élèves pour 2944 inscrits aujourd’hui, le Grand lycée franco-libanais de Beyrouth est l’établissement le plus touché par un exode qui concerne principalement, semble-t-il, les riches familles de la communauté chrétienne, mais les effectifs de nos quatre autres EPR connaissent également une diminutions moyenne significative de plus de 10 %.

Le gel des droits de scolarité, l’impossibilité de réduire la masse salariale en cours d’année, les grandes difficultés financières de nombreuses familles et l’attitude jamais coopérative de leurs représentants, associés à la dépréciation accélérée de la livre libanaise, sont autant d’obstacles qui  ne permettent pas d’envisager de sortir facilement et rapidement de cette situation catastrophique, malgré les efforts consentis par les uns et les autres, j’évoquais tout à l’heure l’annulation par l’AEFE de la PRR pour 3,1M€.

situation liban réseau Mlf

La situation des cinq autres établissements partenaires au Liban est comparable. Sous la coordination de notre direction régionale à Beyrouth, les chefs d’établissement de nos cinq EPR sont, dès à présent, mobilisés pour proposer tout d’abord un plan d’urgence destiné à « tenir » jusqu’à la fin de la présente année scolaire, puis un plan de restructuration drastique à mettre en œuvre dès la rentrée de septembre 2021. Ce plan, qui fait l’objet d’un dialogue serré entre le siège de la Mlf et ces cinq établissements, devra s’attaquer, à la fois, au déphasage important accumulé depuis plusieurs années des droits de scolarité et à la réduction de notre offre éducative dont nous n’avons plus ici ou là les moyens.  Mais, au bout du compte, c’est surtout le très grave contexte politique et économique qui n’incite vraiment pas à l’optimisme. Très consciente de la situation générale de l’enseignement français au Liban, notre ambassade estime indispensable, s’il veut survivre, de faire évoluer son modèle éducatif et économique. Nous partageons cette analyse, mais nous ne pensons pas qu’il soit opportun dans ce contexte de procéder à de nouvelles homologations d’établissements.

Le réseau Egypte

Mlf Egypte

En Egypte, l’important chantier immobilier de notre nouveau lycée d’Alexandrie (budget de 20 millions d’euros) est confronté aux conséquences de la disparition récente de l’architecte marocain Khalid Molato, qui était chargé du projet.

Il est probable que des éclaircissements et des études supplémentaires seront nécessaires pour permettre aux premières étapes du programme d’être mises en œuvre, et un retard sur le calendrier envisagé est prévisible. Par contre, il faut noter que les perspectives de développement dans ce pays, évoquées depuis plusieurs mois, viennent de connaître une première réalisation concrète, grâce au travail de négociation engagé par notre représentant Jérôme Le Bars. En effet, j’ai signé le 22 décembre dernier avec le président directeur général de la société égyptienne Mac Optic Investment un contrat de « mandat de gestion », tel que la Mlf les pratique déjà en Arabie Saoudite et dans d’autres pays.

nouveaux établissements Mlf en Egypte

Cet accord de principe prévoit l’ouverture de cinq établissements scolaires sous mandat de gestion administrative, pédagogique et financière de la Mlf dans les villes suivantes: Mansourah, Port SaÏd, Assiout, Bahira et Le Caire – 5 Settlement.

Ce partenaire égyptien, dont l’ambassadeur Stéphane Romatet nous a confirmé qu’il était «de toute confiance et d’une grande crédibilité », se charge d’obtenir la licence d’enseignement pour ces futurs établissements.

Les autres établissements du réseau mlfmonde

réseau mlfmonde

En Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe, notre EPR à Bahreïn, les deux établissements partenaires de Djeddah et Al Khobar et les trois établissements de l’AFLEC à Abou Dabi et à Dubaï connaissent une diminution de près de 5 % de leurs effectifs à cause de la crise sanitaire.Je salue Rima Hammoud etle président de l’AFLEC qui est depuis septembre dernier membre de la Mlf, comme je le suis devenu de l’AFLEC. La réimplantation du lycée de Djeddah est maintenant en voie de résolution grâce à l’octroi par les autorités locales de nouveaux locaux adaptés. Le règlement de ce dossier de longue date est une très bonne nouvelle pour cet établissement auquel nous lie un mandat de gestion depuis 2018.

A Addis Abeba, grâce à l’annulation de la PRR demandée pour le lycée Guébré Mariam, nous sommes en mesure de surseoir à l’augmentation de 20% des droits de scolarité qui avait été pourtant décidée, mais que les autorités locales nous refusent d’appliquer.

Un audit financier que nous avons proposé pour faire vérifier notre bonne gestion, contestée par des représentants de parents minoritaires, portera sur les cinq exercices budgétaires de ce qui avait constitué le « plan quinquennal » de retour à l’équilibre (2014-2019), et puis sur une mission d’évaluation de la politique pédagogique et éducative de l’établissement qui sera confiée à un inspecteur général de l’éducation nationale et à un inspecteur de l’éducation nationale. Ces deux études devront préciser l’offre éducative et le modèle financier qui sont nécessaires à un nouveau développement de cet établissement au passé prestigieux mais problématique aujourd’hui à tous les points de vue.

En Angola, la Mlf peut se féliciter de la poursuite et du développement du programme de coopération éducative des « Lycées Eiffel » lancé en 2008 et dont le quatrième renouvellement de l’accord a été signé le 8 janvier avec le ministère angolais de l’Education, le groupe Total et l’ambassade de France.

Ce programme, qui confie à la Mlf la gestion et la coordination de quatre lycées d’excellence dans des capitales de province, pourrait connaître la création de deux nouveaux établissements et nous associer également à un institut national de formation des enseignants que le gouvernement angolais envisage d’ouvrir à Luanda. Il nous faut cependant rester vigilants car le groupe Total (qui finance le programme à hauteur de 1,5 million d’euros par an) semblerait  vouloir se désengager pour nous entraîner vers le Mozambique et São Tomé et Prince où l’attendent de nouveaux gisements importants et où le groupe pétrolier souhaite proposer aux autorités locales le même type de coopération.

A Thessalonique, la nouvelle équipe (consule générale / directrice, directrice de l’école et secrétaire général), nommée par le Quai d’Orsay, se révèle active et impliquée pour trouver les ressources propres qui manquent cruellement à cette emprise au sein de laquelle l’activité scolaire est depuis longtemps déficitaire pour moins de 100 élèves aujourd’hui.

Mais, même si nous donnons un délai supplémentaire d’un an jusqu’en 2022 pour atteindre les objectifs du plan de restructuration négocié en 2018, les raisons qui justifient notre retrait, au-delà du seul déficit accumulé de près de 4 millions d’euros, sont toujours présentes, et, en particulier, la responsabilité pénale de la Mlf qui pourrait être engagée en cas d’accidents provoqués par la vétusté des locaux, et le coût très élevé de leur rénovation aujourd’hui nécessaire. C’est pourquoi je demande à nos instances un mandat pour engager des négociations avec le MEAE afin de nous délivrer de cette responsabilité.

Le réseau OSUI

réseau OSUI

Au Maroc, les établissements de l’OSUI, dont les effectifs restent stables (11.000 élèves), se sont adaptés à la situation sanitaire et aux dispositions des autorités marocaines.

Certains établissements ont dû fermer temporairement à la suite de décisions des walis, et malgré ces restrictions le taux de recouvrement des droits de scolarité se rapproche des 100%. La nouvelle école de Rabat est très appréciée par les familles, un très bel établissement construit par l’architecte Khalid Molato, décédé en décembre, grand ami de la Mlf/OSUI, à qui je souhaite rendre hommage aujourd’hui. Et la politique de développement professionnel commence à se mettre en place pour l’ensemble des établissements grâce notamment à l’ouverture du centre de développement professionnel. Par contre, la crise sanitaire n’a pas permis de faire avancer significativement les négociations avec l’OCP et l’Université internationale de Rabat pour la création de nouveaux établissements.

La Mission laïque Côte d’Ivoire

Réseau MlCI

En Côte d’Ivoire, le lycée Mermoz a accueilli la 14ème assemblée générale de la MLCI en décembre.

Cette AG a confirmé le dynamisme de l’établissement, son rayonnement dans la capitale ivoirienne et son rôle d’acteur de coopération éducative avec la création du centre de développement professionnel d’Abidjan.

Le réseau MlfEspagne

réseau Mlf Espagne

En Espagne, pays dans lequel la pandémie entraîne des difficultés financières sans doute importantes pour de nombreuses familles, et où les contraintes sanitaires obligent régulièrement à changer le fonctionnement pédagogique des établissements, nos dix EPR (Reus le deviendra officiellement dans quelques jours) ne connaissent néanmoins qu’une petite diminution de -3,5 % (- 230 élèves pour un total actuel de 6321).

Par contre, malgré cette baisse limitée et un taux d’encaissement satisfaisant, et si on en croit le résultat prévisionnel proposé pour 2020-2021, ces mêmes établissements voient leur déficit d’exploitation, qui s’élevait à 1,5 million d’euros pour l’exercice précédent, s’envoler au niveau très inquiétant de 2,8 millions d’euros. Il va falloir réagir très vite pour contenir la mécanique exponentielle de cette dérive budgétaire que la crise sanitaire ne peut pas seule expliquer. La création récente d’une Drafin pour l’Espagne devrait nous permettre d’y voir plus clair et d’engager sans tarder un plan de restructuration et d’économie des budgets de ces établissements.

Le réseau MlfAmérica

réseau Mlf america

Dans notre réseau MlfAmerica, la négociation est engagée avec le board de la Dallas International School (DIS) depuis plus d’un an pour lui en céder l’exploitation et la propriété et transformer ainsi cet EPR en établissement partenaire.

Je vous soumettrai une délibération pour m’autoriser à signer les contrats correspondants. La baisse significative des effectifs (de 730 à 525 élèves en deux ans) et la sérieuse crise financière que connaît l’établissement depuis plusieurs années sont aggravées par la crise sanitaire: le déficit de 1,4 million de dollars en 2019-2020 (heureusement compensé par une subvention fédérale américaine de 1,7 million de dollars) sera sans doute identique pour l’année scolaire 2020-2021.

Les 26 établissements partenaires de MLFAmerica en Amérique du Nord subissent les conséquences de la crise sanitaire dont les Etats-Unis surtout et le Canada un peu moins sont parmi les grandes victimes. La diminution des effectifs se situe à hauteur de moins 7% avec une perte de 600 élèves, phénomène qui s’explique à la fois par les difficultés financières de certaines familles américaines et canadiennes et par l’impossibilité pour certains expatriés de revenir.

Le réseau des écoles d’entreprise de la Mlf

école d'entreprise Mlf

Enfin, les écoles d’entreprise connaissent des situations contrastées, souvent ponctuées de fermetures et de réouvertures successives au gré des décisions prises par les autorités locales pour faire face à la crise sanitaire.

Pourtant, leurs effectifs sont en légère augmentation (+ 3 %) avec près de 2500 élèves et 17 écoles, les fermetures des écoles Renault à Wuhan et Total à Port-Harcourt ayant été compensées par l’ouverture de l’école Michelin en Roumanie.


Conclusion : que retenir de 2020 ?

Pour conclure sur une note un peu plus optimiste, nous pouvons affirmer sans hésitation que le réseau Mlfmonde a su résister à une terrible année 2020. Malgré les difficultés financières extrêmes de certaines familles, les communautés de parents réunies autour de leurs établissements on fait front pour maintenir, coûte que coûte, ce bien précieux qu’est une éducation de qualité pour leurs enfants.

Vous le savez, la longue histoire de la Mlf est parsemée de crises parce qu’elle vit au rythme du monde, de ses soubresauts, des conflits dans lesquels elle est prise malgré elle et il faut convenir que bien des pays dans lesquels elle était et est encore implantée ont connu et connaissent des histoires tourmentées. Mais ce qu’il y a de remarquable, c’est qu‘elle a toujours su rebondir et c’est  cette résilience qui nous rend confiants en dépit des difficultés qu’elle doit affronter. Il y faudra néanmoins des conditions impératives :

  • une rigueur absolue dans la gestion,
  • une exigence permanente sur la qualité, qui passe notamment par une politique volontariste de développement professionnel,
  • une capacité de dialogue avec les familles, dont l’une des conditions est la transparence absolue sur notre gestion,
  • une volonté de s’engager dans des projets nouveaux, créations de nouveaux établissements quand les circonstances s’y prêtent, relance des partenariats avec les académies, élargissement de notre activité de coopération éducative si conforme à notre histoire, offre de formation à de nouveaux partenaires, y compris peut-être en France,
  • last, but not least, une coopération confiante et harmonieuse avec l’Etat.
covid19 Mlf 2021

C’est à ce prix que cette pandémie nous aura, paradoxalement, aidé à grandir.

Par ailleurs, je vous fait part de notre souhait d’organiser un prochain congrès en France en novembre ou décembre prochain, si les circonstances le permettent.

Rapport moral François Perret janvier 2021 Mlf

Il y a bien longtemps maintenant que la grande  famille de la Mlf n’a pas été réunie et chacun en ressent le besoin, car rien ne remplace la présence. D’ici là, puisse la prochaine assemblée générale nous réunir, elle aussi, physiquement. Elle aura lieu le mardi 29 juin.

Dans un autre registre, je voudrais en votre nom à tous féliciter vivement Andrée Daouk, qui vient d’être nommée chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. C’est une joie pour nous tous et un honneur pour notre association tout entière. Un rayon de soleil venant du Liban: ce n’est pas si fréquent par les temps qui courent !

Transcription du rapport moral du président de la Mission laïque française à l’occasion du conseil d’administration et de l’assemblée générale du 21 janvier 2021