10 juillet 2012
Dès l’ouverture des travaux, le président de l’association, Yves Aubin de La Messuzière, a tenu à rendre hommage à Paul Fahy et Odile Suire-Sinaceur, deux hautes figures de la Mission laïque française récemment disparues.
Il a ensuite abordé les points marquants des cinq mois écoulés depuis l’assemblée générale de janvier, en revenant notamment sur les situations de crise que traversent plusieurs régions. Le rapport du directeur général et la présentation du budget par Sylvie Esparre, ont ensuite précisé le cadrage des dispositions qui seront prises pour aborder la période à venir.
« Les difficultés ne manquent pas ; la MLF y est d’autant plus exposée que sa géographie principale est celle des crises que traverse le monde arabe, et que son mode de fonctionnement, très largement autofinancé, est évidemment plus vulnérable en période de récession économique. Nous ne manquons pas d’atouts pour réagir, mais plus que jamais, la vigilance s’impose. Je n’exclus pas le recours aux moyens de l’État, dans les cas les plus difficiles où, sans son aide, sa propre politique de maintien d’un enseignement français serait menacée. Enfin, je suis convaincu que le moment est venu pour les pouvoirs publics de reprendre une réflexion exigeante sur l’enseignement français à l’étranger. Les années écoulées ont été marquées par le problème de la prise en charge, remise en cause par les nouvelles autorités politiques. La commission sur l’avenir de l’enseignement français, que j’ai présidée en 2008, avait soumis 30 recommandations à l’attention du ministre des Affaires étrangères de l’époque. Beaucoup n’ont pu être mises en œuvre, alors qu’aucune de ces conclusions ne paraît aujourd’hui dépassée. En matière de financement et de développement du système, d’aides aux familles, de relation entre les acteurs AEFE et MLF, de compétitivité de notre modèle pédagogique, de gestion des personnels, tout est à réexaminer. Il en va de même de l’homologation, clé de voute de la qualité, de la cohérence du système scolaire à l’étranger. […] Pour la MLF, cette réflexion est cruciale : elle peut avoir ici ou là besoin de moyens accrus pour accomplir sa mission de service public. Elle a surtout besoin d’une puissance publique plus déterminée, qui lui permette de contribuer au rayonnement de notre modèle éducatif, dans la reconnaissance de ce que nous sommes et de ce que nous lui apportons déjà. »
Extraits des conclusions du discours d’Yves Aubin de La Messuzière