26 octobre 2010
L’établissement, qui accueille aujourd’hui 642 élèves, dont 75% sont de nationalité syrienne ou de double nationalité franco-syrienne, couvre l’ensemble des cycles de la maternelle à la terminale, chaque niveau étant homologué par le ministère français de l’Éducation nationale. Conformément à la réglementation syrienne, un directeur syrien est affecté aux côtés du proviseur français. L’établissement dont le projet pédagogique et la gestion sont de grande qualité, enregistre des résultats exceptionnels aux examens à la satisfaction des familles syriennes, françaises et étrangères.
Le président de la Mission laïque française, Yves Aubin de La Messuzière, ancien ambassadeur, a effectué une mission en Syrie à la mi-octobre, au cours de laquelle il a rencontré des responsables du ministère de l’Éducation nationale, le gouverneur et le maire d’Alep. Les discussions ont tout particulièrement porté sur la question de la restriction des inscriptions des élèves de nationalité syrienne, qui s’est étendue au fur et à mesure des années. C’est ainsi que les dérogations se font de plus en plus rares. Deux catégories sont touchées.
Depuis deux ans, les fratries des familles syriennes ne sont plus admises dans l’établissement de la MLF. Une vingtaine de dossiers ont ainsi été rejetés.
La restriction pourrait s’étendre, selon les responsables du ministère de l’éducation nationale aux familles bénéficiant de la double nationalité.
L’interprétation de plus en plus restrictive de la législation syrienne (notamment le décret législatif 2004) menace à moyen terme l’établissement dans son existence. En effet, les effectifs, après avoir stagné au cours des deux exercices précédents, vont progressivement diminuer dès l’année 2012, mettant ainsi en péril son équilibre financier (à la rentrée prochaine, ils passeront de 642 à 610 élèves), ce qui se traduira par la fermeture de classes maternelles, puis primaires, etc. Pour se maintenir, l’établissement non subventionné par l’État français, à la différence de celui de Damas, relevant du ministère des Affaires étrangères, doit principalement compter sur le vivier des élèves syriens.
Le gouverneur et le maire d’Alep ont pris la mesure du risque de l’étiolement de l’établissement, voire de sa fermeture à terme, qui porterait atteinte à l’attractivité d’une ville de plus en plus ouverte dans son environnement régional et international.
Le président de la Mission laïque française souhaite que les plus hautes autorités syriennes se penchent sur l’avenir de l’établissement d’Alep, qui s’inscrit clairement dans la coopération franco-syrienne.