9 juillet 2010
Depuis quant êtes-vous élève du Grand Lycée Franco-Libanais ?
M.K. : depuis la petite section de maternelle.
S.M. : depuis la classe de 4ème. Avant j’étais élève du Lycée Français Louis Pasteur de Lagos (Nigéria), ville où mon père travaille actuellement.
Pourquoi vos parents ont-ils fait le choix du Grand Lycée ?
M.K. : maman était professeur d’italien au Grand Lycée de 1996 à 2000, donc le choix s’est fait tout naturellement de scolariser ses enfants dans l’établissement où elle travaillait. De plus, mes parents ont choisi un établissement laïc et le système français pour sa réputation de bien préparer les élèves.
S.M. : A Lagos il y avait trois écoles : américaine, libanaise et française (le lycée de Lagos). Maman ayant travaillé en France, c’est tout naturellement que son choix s’est porté vers le système français. A notre retour au Liban, elle a longuement étudié le choix de l’établissement entre Notre Dame de Jamhour, Champville (proche de la maison), le Lycée Nahr Ibrahim et le Grand Lycée Franco-Libanais. Le choix du Grand Lycée, compte tenu de sa réputation, s’est imposé.
Comment résumer les années passées au lycée ?
M.K. : j’ai réalisé à quel point j’étais chanceuse d’être scolarisée au Grand Lycée, lorsque, en 2006, il a été question que je sois scolarisée en Italie. L’idée de quitter le système français, les valeurs qu’il enseigne, son ouverture d’esprit et sa qualité d’enseignement m’était très difficile. Heureusement il n’en fut rien. Je remarque également à quel point les élèves en difficulté, à travers le cas de mon petit frère, sont très bien suivis.
S.M. : le fait d’avoir été élève du lycée a forgé la personne que je suis aujourd’hui. On acquiert les valeurs d’ouverture aux autres, de solidarité. Il y a un vrai épanouissement de l’élève au Grand Lycée.
Par rapport au baccalauréat, vous attendiez-vous à de tels résultats ?
M.K. : avant le bac, j’avais en tête les notes que je voulais obtenir et j’avais même calculé la moyenne que j’envisageais : j’étais arrivée à une moyenne de 21 !!. C’est sûrement ça qui m’a permis d’atteindre mon objectif.
Quelle a été ta note la plus faible ?
M.K. : EPS : 13
S.M. : mes attentes n’étaient pas aussi hautes. Mais je voulais avoir 18.
Avant le bac, vous étiez admises l’une à Sciences Po Menton, l’autre à l’USJ. On dit souvent que les élèves, dès janvier, sont moins motivés en classe car ils savent de quoi leur avenir sera fait. Quelle a été votre motivation pour travailler jusqu’au bout ?
S.M. : ma première motivation était d’obtenir la bourse d’excellence, la seconde d’obtenir de très bonnes moyennes en remerciement pour nos professeurs. Je ne voulais pas les décevoir. Je sentais une responsabilité peser sur moi.
M.K. : j’avais plus peur de la réaction des professeurs. Peur de les décevoir, face à leurs attentes.
Sarah, tu as été admise sur concours en Médecine à l’Université Saint-Joseph à Beyrouth, peux-tu nous dire pourquoi tu as choisi l’enseignement supérieur francophone ? et pourquoi Médecine ?
S.M. : j’ai toujours voulu être médecin. J’ai envie d’être utile aux autres. Pourquoi le système francophone ? Je ne me vois travailler qu’en français. Je ne me vois pas étudier dans une autre langue, d’ailleurs je n’ai pas présenté le SAT. J’ai obtenu la bourse d’excellence à laquelle j’ai renoncé. Je ne pensais pas l’obtenir. J’ai décidé de ne pas aller en France car les études de médecine sont très longues. Si j’avais opté pour des études courtes je serais partie. J’ai longuement hésité entre l’USJ et l’Université Libanaise qui a un très haut niveau. Mais le fait que le concours se passe après les premières années à l’Université Libanaise et que de ce fait les étudiants sont très nombreux en première année m’a conduit à choisir l’USJ. J’envisage une spécialisation mais je ne sais pas si je la ferai en France.
Mariam, pourquoi avoir choisi Sciences Po et pas Médecine ou Ingénierie par exemple ?
M.K. : après 2006 et tous les événements de 2007, j’ai senti la volonté de ne plus être seulement spectatrice mais de passer à l’action pour changer le monde. J’ai découvert la politique. Je n’ai jamais pensé à une carrière scientifique mais j’ai choisi la série S car elle prépare à tous les secteurs. J’ai choisi spécialité maths pour la logique. J’avais de bonnes notes en maths mais j’ai choisi Sciences Po contre l’avis de mes parents qui avaient peur que je ne trouve pas de travail. Aujourd’hui j’ai deux objectifs : soit une carrière diplomatique, soit travailler dans des ONG.
Pourquoi Menton ?
M.K. : je voulais un changement d’environnement progressif, une ville à taille humaine. J’ai aimé le mode de sélection de Sciences Po Menton. Je ne voulais pas me rendre à Paris pour présenter le concours. J’ai aimé leur procédure sur la base d’un entretien. L’école est à taille humaine (136 élèves).
La francophonie, c’est quoi pour vous ?
M.K. : c’est le lycée, c’est la culture, c’est la langue. La France a pour objectif de répandre sa culture à travers le monde, ce qui n’est pas le cas de l’Italie, pays de ma mère.
M.K. et S.M. : par ce que nous sommes, nous représenterons la francophonie, consciemment et inconsciemment.
Un grand merci à vous et bonne chance. Et sachez que nous sommes très fiers de vous.