15 février 2010
Sur les hauteurs, la mairie, qui porte sur son fronton la devise de la République d’Haïti, « Liberté, Égalité, Fraternité », est abandonnée pour cause d’équilibre précaire. Ses services sont transférés en face, dans les locaux de la bibliothèque. Chargé de renforcer l’équipe municipale, un Français, Richard Landry, joue un rôle de superintendant. Sa mission a commencé bien avant le tremblement de terre, dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) et la Ville de Strasbourg. « On gère l’urgence tout en réorganisant avec le souci de ne pas hypothéquer l’avenir. Il faut éviter de reconstruire dans des zones inondables en période de cyclone, bâtir avec des normes sismiques alors que beaucoup d’habitants voudront se reloger à la va-vite », explique Richard Landry.
Fleuron de l’éducation privée laïque en Haïti, le lycée français Alcibiade-Pommayrac a, lui aussi, souffert. L’école primaire s’est effondrée sans faire de victime et le lycée nécessite des travaux de remise en état. Il accueille des créolophones et commence en français dès le jardin d’enfants. Les 750 élèves qui passent en fin d’études le bac haïtien et français sont sélectionnés au mérite. Les jeunes issus de familles défavorisées sont privilégiés, à niveau égal aux concours, grâce à un système de bourse. « Nous avons repris les cours dehors sans attendre, pour que les élèves passent les examens de fin d’année. Nous accueillons les autres par rotation pour leur redonner foi dans les lendemains. Nous allons réhabiliter et reconstruire », assure Gérard Borne, directeur de l’établissement et consul de France. Entretenus avec soin, les jardins sont plantés de bougainvilliers. « Notre rôle est de donner à ces enfants une éducation ainsi qu’un cadre. Notre parc est là pour montrer ce qu’il est possible de faire avec l’environnement », ajoute-t-il.