Mission laïque française

Affirmer le profil international des établissements et conserver l’esprit de l’enseignement français – François Perret, président de la Mlf

Les instances de la Mission laïque française et de l’Office scolaire universitaire (OSUI) se sont réunies le mardi 23 janvier à la Maison de l’Amérique latine. Le président a présenté son rapport moral annuel et le directeur général est revenu sur les activités de l’association de l'année écoulée.

Le président, François Perret a présenté son rapport moral aux administrateurs et aux membres de l’assemblée générale, le 23 janvier 2018. Le directeur général, Jean-Christophe Deberre, a présenté le rapport d’activité 2016-2017 et la trésorière générale, Sylvie Esparre, le bilan financier de l’année écoulée.

Le thème de la concurrence en matière éducative, dans le contexte français et international, a été le principal sujet de réflexion abordé par le président. Le modèle scolaire porté par l’association doit faire l’objet de constante analyses afin de répondre au mieux aux attentes des familles et faire face à la réalité économique et budgétaire. La réflexion menée par la Mission laïque française,  à la fois étroitement liée à l’Etat et « par nature indépendante et de libre initiative », accompagne celle qu’a engagée l’Etat dans l’avenir de l’enseignement français à l’étranger (EFE).

Quels sont les différents visages de la concurrence? D’autres systèmes scolaires étrangers de pays souverains, des politiques scolaires encourageant l’offre privée, l’extension d’un modèle international protéiforme et progressant par  « franchisation » . Dans ce contexte, « le modèle scolaire français est comparé et discuté pour des raisons d’usage social et économique »; il se trouve donc en concurrence directe avec des opérateurs privés, locaux ou non, en comptant avec, ici ou là une relativisation de la place  de la langue française. Les conséquences de ces constatations viendront nourrir les nouvelles orientations stratégiques de l’association, en cours d’élaboration ; ces consultations ont impliqué les personnels du siège de la Mlf en septembre dernier, les membres du bureau et des administrateurs mais aussi les chefs d’établissement –. Pour tous,  « l’établissement est le lieu stratégique de l’action » .
Parmi les actions à poursuivre ou entamer, le président a évoqué les évolutions de nature pédagogique  afin de rester en position favorable face à la montée du niveau de l’offre. D’autre part, afin de répondre aux besoins de personnels de recrutement local acculturés à l’école française, la Mlf doit implanter de nouveaux dispositifs locaux de formation des professeurs.

Jean-Christophe Deberre, directeur général de la Mlf et Christophe Bouchard, directeur de l’AEFE. Paris, le 15 novembre 2017.

Dans sa présentation face aux administrateurs, le président a souligné la nécessité d’« affirmer le profil international de nos établissements […] sans dénaturer l’esprit de l’enseignement français ». Les lycées sont français et ouverts à l’international. L’ordre des mots a son importance. Enfin, François Perret a souligné que la coopération et l’entente entre les acteurs de l’EFE étaient de nature à renforcer l’Ecole elle-même ; la Mission laïque française et l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) ont renouvelé leur protocole d’entente le 15 novembre dernier.
« Dans cette période de mutation importante, le besoin d’une culture de coopération et de partage, propre à l’action associative, est recherchée : c’est une culture particulière, elle participe beaucoup du renouvellement de notre modèle à l’étranger, où l’institution est lointaine, et où l’établissement doit s’organiser en toute responsabilité. »

Les instances se réuniront à Paris le 28 juin 2018.